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Sécurité présidentielle à Nguéniène : Radioscopie des failles…Fin du mystère ?

Les images disponibles sur l’accident du véhicule présidentiel, à Nguéniène, révèlent des errements dans la sécurité du chef de l’Etat.Décryptage avec deux spécialistes en la matière.

Topchrono ! Pour comprendre le problème, il faut s’arrêter à la huitième seconde de la vidéo. L’image est saisissante. Une vidéo, après que la limousine présidentielle a pris feu à Nguéniène, circulent à grande vitesse sur les réseaux sociaux. Au vu de la manière dont le chef de l’Etat Macky Sall a été pris en charge, nombreux sont les Sénégalais qui se posent des questions, depuis lors, sur sa sécurité.

Seneweb s’est approché de deux spécialistes pour mieux comprendre ce qui s’est passé. L’un s’appelle Sébastien Marius Sagna. Il capitalise 13 ans d’expérience dans le secteur. Il a accompagné le candidat Ousmane Sonko durant la Présidentielle de 2019.

Pour lui, la huitième seconde de la vidéo est assez symbolique des manquements.On y voit tous les gardes du corps autour de la limousine en fumée, pendant que le président Macky Sall est presque seul. Et derrière la voiture, une traînée de liquide inflammable. “S’il y avait explosion à ce moment, je ne suis pas sûr qu’ils auraient survécu. Et on voit que le colis (Président) est assez proche de la voiture”, souligne-t-il.

En plus, même lorsque la garde rapprochée a décidé d’évacuer le chef de l’Etat, ça s’est fait avec une lenteur que l’expert ne comprend pas.

En effet, dans la dernière partie de la vidéo, on voit les gardes du corps et le Président Sall enjamber lentement le liquide inflammable, comme si de rien n’était. “Ils marchaient tranquillement et on n’a l’impression qu’ils n’ont pas vu ce liquide qui peut être dangereux”.

J’ai l’impression qu’il n’y avait pas de commandement

L’autre expert est le gérant d’une société de sécurité. Lui aussi a accompagné un candidat à la dernière Présidentielle. Pour lui, il ne fallait surtout pas perdre du temps, après l’accident. “Franchement, il fallait évacuer le Vip (président) rapidement. Or, je n’ai pas vu de garde du corps en position d’évacuation. J’ai l’impression qu’il n’y avait pas de commandement. Je crois avoir vu la Bip et le Gign. C’est comme s’il y avait deux équipes sans coordination. L’absence d’un donneur d’ordre est manifeste”, souligne-t-il.

Ce dernier recommande à la garde présidentielle de revoir le dispositif de déplacement et de coordination des actions.

Ce qui inquiète particulièrement nos spécialistes dans cette vidéo, c’est surtout l’absence de protection derrière le chef de l’Etat, qui en faisait un homme “vulnérable” à ce moment-là. On voit Macky Sall tout seul. Dans son dos, trois personnes au minimum qui ne font pas partie de la sécurité: Il s’agit d’un monsieur en caftan bleu, un autre en blanc avec un bonnet de la même couleur, mais aussi celui qui a filmé la scène. Sans oublier le gendarme qui a manqué de frôler le dos du Président Sall. “Quelqu’un de malintentionné avait largement le temps d’agir. Or, même avec un stylo, on peut faire mal”, relève Sébastien Sagna.

En outre, nos deux interlocuteurs se demandent ce qu’il y avait d’important dans la malle pour que tout le monde ignore le président au profit du véhicule. “Quel que soit ce qu’il y avait là-bas, c’est de la valeur qu’on peut acheter. Le président, en plus d’être un être humain, est une institution. Sa vie est, de loin, plus importante que ce qu’ils sont allés chercher dans la voiture”, relèvent tous les deux.

L’un d’eux fait remarquer d’ailleurs que l’aide de camp pouvait s’occuper des bagages, pendant que la garde rapprochée se focalise sur le chef de l’Etat.

Quant aux vieux en blanc qui fouillait dans la malle, nos interlocuteurs sont formels: il ne devait pas se retrouver dans cette position. “Même s’il est le marabout du président ou son parent proche, il n’y a pas sa place”, tranche l’autre expert sous anonymat.

La souplesse de l’autorité en question

En matière de sécurité, dans le véhicule qui suit celui du Président, il y a 5 personnes: les 3 passagers de derrière, le chef de bord et le chauffeur, lui aussi un élément de la sécurité. Il doit en être de même pour la troisième voiture. L’effectif devait donc être assez fourni pour que les uns s’occupent du chef de l’Etat, pendant que les autres s’occupent du matériel. Mais au vu des images, Sagna pense qu’il n’y avait pas suffisamment d’agent ce jour-là sur le terrain. Nos interlocuteurs doutent également du fait qu’il y ait eu un travail de reconnaissance du milieu avant le déplacement.

Cependant, en dépit des manquements, nos interlocuteurs ne veulent pas blâmer la sécurité. D’après Sébastien Sagna, tout dépend de la flexibilité du protégé. “En principe, c’est la sécurité qui commande. Mais est-ce que les autorités laissent les agents assermentés faire leur travail’ S’il n’y a pas de souplesse de ce côté, ça peut poser des problèmes”, souligne-t-il.

Une dimension à ne pas négliger, d’autant plus que le Président malien IBK était dans le même véhicule que Macky Sall. Or, il n’est visiblement nulle part sur la vidéo. Tout porte à croire qu’il a été évacué plus tôt. Ce qui veut dire peut-être qu’il y avait aussi suffisamment de temps pour évacuer Macky Sall, avant que les badauds ne déclenchent leur appareil.

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