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Sénégal….Une société moralement perturbée… A la recherche de valeurs désespérément,

En évitant de confondre une foule de badauds et le peuple, nous essayons de comprendre ce qui se passe en ce moment au Sénégal, avec la célébration de l’équipe nationale de football qui nous revient du Caire avec beaucoup de mérite certes, mais sans la coupe. Pourtant, en même temps, d’autres représentations nationales nous valent des satisfactions décisives, restées silencieuses comme c’est le cas avec tous ces trophées que nous ont ramenés nos différents champions en scrabble, basketball, beach soccer, arts martiaux,? Un comportement simplement déroutant. Ce qui suscite notre questionnement.
Même si l’équipe nationale de football a fait de belles performances jusqu’en finale, ce qui ne nous est pas arrivé depuis 17 ans, elle n’a pas pu remporter la coupe et relever le grand défi de faire entrer le Sénégal dans le palmarès des champions d’Afrique des nations de football.
Alors qu’est-ce qui explique cette euphorie et cet accueil triomphal ? Est-il donc possible de triompher sans vaincré Y a-t-il un autre type de victoire à lire dans cette liesse populaire qui a accpagné le retour des “Lions” dans la tanière nationalé Victoire des faux espoirs ou effet placebo d’un sédatif moral’ J’aurais préféré une attitude plus humble, qui permettrait de nous questionner sur nos défis comportementaux. Sur nos limites dans la finition de nos oeuvres. Pourquoi peinons-nous souvent à tenir jusqu’au bout de l’effort et de créer les conditions de la réussite accomplie ? Que nous manque-t-il pour que nos moyens et énergies investis puissent donner des résultats optimaux. Au lieu d’une telle introspection, nous avons préféré mettre les feux des projecteurs sur une sorte de victoire usurpée.
Essayons de comprendre cette incongruité de notre comportement par rapport au résultat que certainement, un schème freudien nous permettra de mieux expliquer. Est-ce ce une volonté d’assouvir un désir profond pour la coupe qui a su mobiliser tout un peuple, comme un seul homme, pour supporter l’équipe nationale jusqu’à l’assaut final’ A défaut de trouver la grâce de dame coupe, objet d’un désir ardent entretenu depuis longtemps, le peuple supporter décide de décharger sa libido par une masturbation subliminale, en faisant semblant d’accueillir des présumés champions qui n’en sont pas.
Ce comportement n’est pas normal. Il relève d’une perturbation émotionnelle symptomatique d’une folie sociale ambiante. Les Sénégalais ont soif d’exutoire fictionnel pour noyer leurs misères et leur désespoir; dans une euphorie passagère et accéder au nirvana que nulle autre perspective objective ne permet d’entrevoir dans les temps qui courent.
C’est donc un “peuple” perdu, en quête de célébration, qui s’est laissé aller au rythme des signaux médiatiques pour exulter. L’ambiance est belle et entraînante, mais le réveil dominical nous ramènera à notre dure réalité, quand on se rendra compte qu’en fait, dame coupe n’a pas été au rendez-vous pour assouvir notre désir. Nous nous rendrons compte du génocide que nous avons perpétré sur notre espérance d’un Sénégal nouveau, un Sénégal qui gagne.
Quand lundi, une minorité reprendra le chemin du travail précaire et des tracasseries liées à nos problèmes de mobilité, de gestion de notre cadre de vie, à l’incapacité de milliers de patients à faire face à leurs frais médicaux malgré les multiples programmes sociaux dédiés..,quand des milliers de ménages se réveilleront sans dispose d’un minimum de 1000 FCFA pour la dépense quotidienne pour nourrir une famille nombreuse, quand ces milliers de jeunes qui ont fait le trajet de l’ aéroport LSS au palais présidentiel, se rendront compte qu’ils n’ont toujours pas de travail et que près des 2/3 de leurs frères et soeurs viennent d’échouer au bac, ils réaliseront le Sénégal réel dans le quel nous vivons.
Pendant ce temps, nos Lions internationaux sur qui tous ces jeunes qui s’accrochent à un espoir trahi projettent leur désir de réussite, regagneront leurs clubs, enrichis de leurs primes de performance. Ils laisseront derrière eux un semblant de championnat national, avec des clubs pompeusement appelés professionnels, fonctionnant avec un style de management d’un pur amateurisme. L’équipe nationale de football est juste une vitrine diplomatique qui cache toute la misère du football national. Cette photo n’est qu’un échantillon de l’image du pays.
Un Sénégal où l’essentiel des ressources est mobilisé pour les dépenses de fonctionnement captées par des privilégiés, pour laisser la grande masse dans l’émoi de la survivance. Un Sénégal où on continue à donner nos maigres deniers publics aux sépultures des plus nantis, alors qu’on jette en prison de vaillants citoyens qui se dressent pour défendre la souveraineté des peuples et les intérêts de la nation. Ce qui nous arrive n’est pas normal. C’est une vraie folie collective ! Il est temps que le peuple se consulte pour guérir de sa grande maladie.
Par Elimane H. KANE

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