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«Acte XV» : Les «gilets jaunes» ne veulent «rien lâcher»…

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Des «gilets jaunes» ont appelé à un quinzième samedi de rassemblements sur toute la France pour ce 23 février. Quelque 45 manifestations sont prévues, selon un décompte effectué sur le groupe de Maxime Nicolle, une des figures du mouvement.

figarofr: Manifestation de «gilets jaunes» du samedi 16 février 2019 sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris.

La mobilisation faiblit au fil des semaines mais les «gilets jaunes» n’ont pas tous renoncé. Un certain nombre d’entre eux comptent encore défiler ce week-end dans les rues de la capitale et en régions. Nous faisons le point sur cette quinzième journée de manifestations.

• Champs-Élysées, Assemblée nationale et salon de l’agriculture?

Comme chaque semaine depuis le 17 novembre, date du début du mouvement, plusieurs événements Facebook annoncent un principal rassemblement en haut des Champs-Élysées à Paris. «Il marquera un tournant dans notre mouvement, il doit être décisif», appellent les organisateurs sur cette page Facebook où 2800 personnes ont annoncé qu’elles viendraient. «On lâchera rien à Macron et son monde!», promet un autre événement, auquel 860 internautes ont prévu de participer. Figure controversée des «gilets jaunes», le chauffeur routier Éric Drouet a pour sa part donné rendez-vous devant l’Assemblée nationale avec Jérôme Rodrigues, qui a perdu un œil lors d’une manifestation en janvier. Puis, dans une seconde publication, le «gilet jaune» a laissé entendre qu’il pourrait y avoir une action à l’occasion du salon de l’agriculture qui ouvre ses portes ce samedi avec la visite d’Emmanuel Macron.

Mais cette suggestion ne semble pas avoir conquis les foules. «Très mauvaise idée. Ce n’est pas les agriculteurs qui font baisser notre pouvoir d’achat», a réagi un «gilet jaune». «Aller là-bas, c’est chercher la division. Il y a un grand rassemblement samedi», écrit un autre. Toujours à Paris, les motards annoncent aussi leur retour et prévoient une manifestation en deux roues Porte Maillot, notamment pour contester la limitation de vitesse à 80 km/h.Ces rassemblements ont-ils été déclarés? Contactée par Le Figaro, la préfecture de police n’était pas en mesure de nous répondre ce vendredi.

• Plusieurs manifestations en régions, Maxime Nicolle à Rennes

De Lille à Toulouse, en passant par Lyon et Bordeaux, une quarantaine de rassemblements sont aussi prévus à travers toute la France, si on en croit un tableau posté par des «gilets jaunes» sur le groupe «Fly Rider infos blocage». À Strasbourg, une «grande manifestation régionale puis nocturne» est annoncée «à la veille d’une rencontre pour une coordination des gilets jaunes de l’est de la France le dimanche». À Bordeaux, place forte des «gilets jaunes», le rendez-vous est donné, comme chaque samedi, place de la Bourse.

De même, un rassemblement interrégional non-déclaré est annoncé à Rennes, où 2000 à 3000 «gilets jaunes» sont attendus. Le Breton Maxime Nicolle, autre figure connue des «gilets jaunes», a prévu d’y participer. «Cette manifestation va faire venir des “gilets jaunes” bien au-delà des quatre départements bretons», estime François Angelini, directeur départemental de la sécurité publique en Ille-et-Vilaine, interrogé par Ouest France. «Les autres manifestations régionales ont été émaillées d’incidents. On s’attend à une manifestation pas totalement calme et pacifique. On la considère à risque», complète-t-il.

• Forte mobilisation attendue à Clermont-Ferrand

Les autorités se préparent aussi à une importante mobilisation à Clermont-Ferrand, en Auvergne, où plusieurs milliers de manifestants sont attendus. Selon le quotidien régionalLa Montagne, plusieurs «centaines de forces de sécurité seront mobilisées» samedi dans la capitale auvergnate et des contrôles préventifs seront effectués en amont. Gendarmes et policiers prévoient de fouiller bagages et coffres de voiture pour empêcher l’arrivée de personnes armées ou munies d’objets convertibles en armes, rapporte le procureur Éric Maillaud. Jeudi soir, aucune déclaration de manifestation n’avait été déposée en préfecture.

• Des policiers fatigués, une crainte des casseurs

La mobilisation des forces de l’ordre devrait encore être importante, même si le ministère de l’Intérieur n’a pas communiqué de chiffres. Les forces de l’ordre s’attendent à de nouvelles violences, notamment de la part de casseurs. Ces manifestants radicaux n’ont, pour autant, pas pris la main sur le mouvement des «gilets jaunes», analysait cette semaine le nouveau patron de la DGSI, Nicolas Lerner, dans Le Parisien. «À Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Caen par exemple, ils ont généré une forme de violence totalement décomplexée et débridée chez des individus qui n’étaient connus ni pour leur appartenance à l’ultragauche, ni à l’ultradroite. À aucun moment les groupes ultras n’ont réussi à prendre le leadership sur ce mouvement même s’ils voient en lui une opportunité de s’en prendre aux symboles de la République, qui sont leurs cibles habituelles», ajoutait-il. Dans les rangs de la police, la fatigue se fait sentir. À Bordeaux, syndicats ont saisi ce vendredi les autorités nationales sur la situation «critique» et la «lassitude» des fonctionnaires. «Nos forces de l’ordre sont prises à partie mais elles tiendront», a assuré ce matin le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, interrogé dans 20 Minutes. «Elles sont endurantes et seront là autant de temps qu’il faudra pour maintenir l’ordre».

• Une mobilisation en perte de vitesse

Depuis «l’acte IX», le nombre de manifestants baisse de semaine en semaine, d’après les chiffres de l’Intérieur. Alors qu’ils étaient 84.000 à manifester les 12 et 19 janvier, 69.000 et 59.000 gilets jaunes se sont rassemblés le 26 janvier et le 2 février. L’érosion du mouvement s’est poursuivie les deux semaines suivantes avec 51.400 manifestants le 9 février et 41.500, samedi dernier. Malgré cette diminution chronique, les «gilets jaunes» continuent de s’organiser pour manifester, en optant souvent pour le système D pour se déplacer ou en ayant recours à des baby-sitters pour faire garder leurs enfants. Créé début janvier, un groupe intitulé «les Nounous Gilets jaunes» propose des gardes d’enfants pour permettre aux parents de se mobiliser les samedis.

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