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Sécurité de Mariéme Faye Sall, les caprices de la première dame

Imprévisible et spontanée, Marième Faye Sall a du mal à s’encombrer de protocole lors de ses sorties. Ce qui donne du fil à retordre à ses services de sécurité et remet en perspective la sécurité même de la Première dame.

Marième Faye Sall a déjà décidé qu’elle ne serait pas une première dame comme les autres.Viviane Wade et Elisabeth Diouf avaient une idée hautement protocolaire de ce statut : postures impeccables, retenues dans le verbe et le geste, sorties soignées au millimètre. Depuis 7 ans que son mari est au pouvoir, l’épouse du chef de l’Etat tient à démontrer quotidiennement que la fonction de Première dame n’a pas de prise sur elle. D’abord, dans sa manière de remettre la culture vestimentaire sénégalaise en orbite dans les cérémonies officielles et privées.

Ensuite, dans son besoin d’installer encore et toujours un dialogue direct et franc avec les populations. Cette posture séduit et fait sa popularité, au grand bénéfice du chef de l’Etat qu’elle a aidé, plus d’une fois, à déminer une situation de crise. Mais à force de sortir des sentiers battus, Marième Faye Sall expose aussi sa sécurité. Prise à partie et huée par une poignée de manifestants sénégalais lors de son passage, la semaine dernière, à New York, aux Etats-Unis, la Première dame a décidé de subir l’affront, là où d’autres se seraient repliées par prudence, dans le hall de la Maison du Sénégal.

Sur la vidéo qui circule sur le Web, on la voit faire face, durant plus de 2 minutes, à la colère des expatriés, avec une ceinture sécuritaire qui aurait pu se laisser surprendre par le jet d’un projectile. Et ce n’est pas la première fois qu’elle donne des sueurs froides à son service de sécurité.

Le protocole muet sur les incidents

Veille de Tabaski 2019. Prise d’une envie de shopping, l’épouse du chef de l’Etat arpente les ruelles de Dakar, sans protocole et avec un seul garde du corps. Démasquée par la foule, elle est assiégée et acculée dans une boutique. Dépassé par la situation, son garde du corps ne peut qu’attendre l’arrivée de la police. La presse parle d’exfiltration pour montrer l’imprudence de la Première dame. Le protocole du palais ne fait aucune communication sur l’incident. Comme il n’en avait pas fait en juillet 2016, lorsqu’elle est allée présenter des condoléances dans le quartier Liberté VI, au volant d’une voiture, sans protocole ni sécurité. Même dans ses déplacements officiels, la Première dame a du mal à prendre en compte sa sécurité. En visite pour sa Fondation à l’hôpital de Thiès, elle prend de court malades, accompagnants, personnel et même directeur de l’hôpital. Le palais ne semble pas faire grand cas de cette lubie. Sur le site de la présidence sénégalaise, à l’onglet «Première dame», aucune mention sur le protocole sécuritaire de Marième Faye Sall. Et pourtant, il existe.

Elle impose parfois ses propres règles

Même si la Première dame n’évolue pas dans un cadre juridique défini, il n’en demeure pas moins que sa biographie figure en bonne place à côté de celle du président de la République, sur le site officiel de la présidence. Et comme le Président, elle est censée être en permanence protégée dans chacun de ses déplacements, selon des règles précises. Cette mission est conjointement assignée à des éléments du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (Gign) et à ceux de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip). Doyen des unités spéciales des forces de sécurité, le Gign est un groupe d’élite formé pour la sécurité et la protection.

Les éléments du Bip interviennent dans la protection des autorités et des personnalités et sont efficaces dans la libération d’otages, la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme. Détachés spécialement au palais pour la sécurité du couple présidentiel, ils ont généralement au moins 10 ans d’expérience et sont perpétuellement soumis à des stages de formation dans des pays, comme les Etats-Unis, la Jordanie, l’Egypte… Experts en art martial ou en sport de contact, ces éléments s’entraînent, dit-on, même lorsque le Président est absent. «A la présidence, il y a un entrainement continu et continuel. Lorsque le Président est absent par exemple, les éléments vont s’exercer au tir», dit un expert en sécurité, sous le couvert de l’anonymat. Dans le dispositif de sécurité officiel de la Première dame, il y a la voiture qui devance avec à l’intérieur, le chauffeur et le chef de bord et une voiture qui suit avec aussi deux éléments à l’intérieur. Il y a normalement la mission précurseur qui est chargée en amont, de repérer les lieux et d’étudier la configuration. Mais, à moins d’un danger réel, ce dispositif n’est pas activé. D’autant plus que la Première dame qui serait adepte des sorties non programmées, impose parfois ses propres règles. Comme celle de vouloir, pour des raisons d’intimité ou d’autonomie, conduire elle-même. A charge pour les éléments de la sécurité de s’adapter.

Méthode d’auto-défense

Adepte des bains de foule, la Première dame fait aussi fréquemment sauter le dispositif de la barrière qui sert de paravent entre elle et le public. Ce qui, de l’avis de l’expert, est le plus dangereux dans ses «caprices». Dans le département de Pikine, lors de la pré-campagne, elle n’hésite pas à écarter ses gardes pour faire face à des femmes de l’Apr furieuses de la manière dont sont répartis les financements. La Première dame profite alors de son aura et de sa grande taille pour intimider son auditoire. Une méthode qui marche assez souvent.

En novembre 2018, elle s’offre un bain de foule dans la Résidence du Sénégal à Paris. Dans la cour de la demeure du chef de la diplomatie sénégalaise chez Marianne, militants et sympathisants sont venus en nombre, réclamer de l’aide financière. Elle s’engouffre dans la marée des doléances et se retrouve prise en tenaille dans la foule. Il lui faudra hausser le ton pour s’extirper de la bousculade. Durant tout le processus, aucune force de sécurité ne s’interpose. Pourtant, il existe un protocole dans ces cas où les éléments de sécurité doivent «l’envelopper» pour la faire progresser dans la foule. «Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas la sécurité qu’elle n’est pas là», souffle l’expert. «Lorsqu’elle salue des personnes dans la foule, il existe en réalité des éléments tapis à l’intérieur de cette même foule et qui sont prompts à réagir», ajoute-t-il. Si sa sécurité physique est assurée, il reste qu’à force de passer outre le protocole, l’épouse du chef de l’Etat met en danger un autre aspect de sa personnalité: son image. Sur la vidéo de l’incident à New York, les opposants se sont largement réjouis de son air dépité et de ses grimaces.

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